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Événements

VIe Journée annuelle de l’AQSMN

9 mai. 2003

ATELIER

Animatrice de l’atelier : Aline Robert, M.Ps.

Comment impliquer les pères ?
Quels outils (méthodes et moyens) avons-nous pour les impliquer ?

Le deuil périnatal :
À l’hôpital, c’est plus facile d’en parler. L’infirmière a tendance à aller voir la mère. On devrait être conscient aussi que le père vit le deuil de son enfant. On devrait se demander : Comment le père se sent-il physiquement ? Comment se sent-il quand il fait les appels pour annoncer la nouvelle du décès de son enfant, aux grands-parents par exemple ? Cette démarche est très difficile pour le père. Si on ne lui donne pas la chance d’exprimer ses émotions, on lui envoie le message que ce n’est pas important.

Comment impliquer les parents ? C’est une question qui crée un malaise dans sa formulation. Comme intervenant, on peut se demander : offre-t-on aux pères ce dont ils ont vraiment besoin ?

Est-ce que l’on tient compte de la disponibilité des pères (par exemple, les heures d’ouverture) ? Aussi, les services ne sont pas nécessairement adaptés aux pères. On pourrait embaucher des hommes pour travailler dans ces services.

Dans les rencontres prénatales, on fait une rencontre spécifique avec les pères avec un intervenant masculin. Les pères sont présents et participent à cette rencontre. On remarque qu’il manque d’hommes dans le milieu d’intervention.

On voit souvent les pères dans l’évaluation et le suivi (avec les deux parents) en pédopsychiatrie. Dans ce centre, 4 sur 6 sont des travailleurs sociaux, ceci a un impact positif sur les suivis familiaux.
 

On soulève la particularité dans le cas des familles séparées. Les pères disparaissent du tableau. Les mères font plus souvent les demandes en pédopsychiatrie. Dans les familles séparées, le père est plus absent. Chez les pères séparés qui voient leur enfant une fin de semaine par deux semaines, l’implication du père est plus difficile et les liens qu’ils établissent sont aussi plus difficiles. Ces hommes ne savent pas quelle place ils doivent prendre.

Comment ouvrir la porte aux pères dans la prévention et l’intervention précoce ?
Est-ce qu’on s’adresse aux pères ?

Dans les CPE, le père est beaucoup plus présent. La place du père s’est développée au cours des 20-25 dernières années. Par exemple, les pères sont présents à l’inscription.

En psychothérapie d’enfants, cette psychiatre travaille avec un accord profond des deux parents.
Dans les familles séparées, il est difficile de recevoir des parents qui sont en conflit. (Il serait même plus facile de laisser partir le père.) Dans les cas des familles séparées qui sont en conflit, cela implique plus de travail, plus de rencontres.

Le mère demande une psychothérapie pour l’enfant. Suivre une piste qui ne serait pas celle de la mère, c’est difficile pour le thérapeute. On doit être à l’écoute de ce que le père dit.

Sensibiliser l’entreprise privée sur l’importance de l’implication des pères. Le changement part de là aussi au niveau de la société.

Ça part aussi beaucoup des femmes qui ne veulent pas laisser leur place.

Dans d’autres contextes d’intervention, l’intervenant appelle directement le père. Si on passe par la mère, ça ne se rend pas. La mère est plutôt disqualifiante par rapport au père. On peut formuler la demande ainsi : « Seriez-vous d’accord que l’on invite votre mari, le père ?». L’intervenant prend sur lui d’inviter le père, en dégageant la mère de cela. Une fois dans le bureau, il faut recadrer. Parfois, il faut faire taire la mère pour réserver une place au père. Arrêter la mère quand elle discrédite le père.

C’est rare qu’on se fait dire par les pères que ça ne les intéresse pas. Les questions d’horaire, étonnamment les pères se débrouillent et viennent. Il semble qu’il faut que le père sente qu’il est intéressé pour qu’il s’intéresse.

Il est plus difficile d’élever un enfant seul(e) qu’à deux. Peut-être faudrait-il faire du travail avec les femmes pour qu’elles laissent la place aux hommes.

Comment ouvrir la porte aux hommes dans les groupes ?

Introduire comment le père voit son rôle de parent. Comment la mère voit son rôle de parent. Ça peut être une introduction comme cela.

Quand on fait les visites post-natales, s’assurer d’inviter le père, que le père soit présent. Valoriser le père et son rôle. C’est pas certain que le père a la « permission » de la mère. Il faut se mettre dans la position de l’enfant, c’est son père.

Sensibiliser les mères au rôle du père à travers les visites, les programmes d’intervention et de son importance dans son rôle de père auprès de l’enfant.

La place du père est encore contrôlée dans les institutions et les programmes. On devrait inviter de façon plus spécifique les pères. Quand on s’adresse à eux spécifiquement, ils sont étonnés que l’on s’intéresse à eux. Souvent, ils répondent positivement quand on les sollicite.

La différence des rôles père et mère; similitude et complémentarité.

Beaucoup de programmes proposent un rôle de similitude.

On soulève la question de l’attachement du père très tôt dans la vie du nourrisson. Paradoxalement, la mère après l’accouchement a besoin que le père s’occupe d’elle. Bien que le lien précoce du père avec son bébé soit important, on demande aux pères après l’accouchement qu’il aille travailler, qu’il s’occupe de la mère et qu’il fasse les tâches qui incombent à la mère. On en demande beaucoup aux nouveaux pères. Les pères verbalisent qu’ils sont en retard dans leur place auprès du nourrisson et dans les soins qu’ils leur donnent. C’est peut-être pas mauvais pour le bébé parce que ces façons de faire du père obligent le bébé à se développer et à s’adapter.

Marthe Bonin, Ph.D.
Secrétaire de l’atelier







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